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Honorables Députés et Sénateurs, Mesdames et Messieurs les membres des Institutions d’appui à la démocratie, Messieurs les Représentants de l’OIF et de l’AIF, Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique, Messieurs les Représentants des Composantes et Entités, Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Avant toute chose, permettez nous d’exprimer nos sincères remerciements à l’organisation Internationale de la Francophonie ainsi qu’à tout le Comité d’organisation qui nous font l’honneur de prendre la parole à l’occasion de l’ouverture de ces travaux.
Nous saluons, par la même occasion, tous les pays frères, francophones et francophiles qui ont accepté de mettre leur expérience à notre disposition en vue d’accompagner le délicat processus de transition de notre pays.
Nous sommes persuadés que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui, depuis quelques années, contribue largement à l’éclosion des médias dans l’espace francophone, encadrera la Haute Autorité des Médias dans l’accomplissement de sa mission.
En focalisant son regard sur les institutions d’appui à la démocratie, l’OIF leur permettra de renforcer leur modus operandi, grâce aux échanges qui auront lieu au cours de présentes assises.
A l’évidence, les sujets proposés à notre réflexion constituent un véritable champ de recherche dans lequel il est difficile, à première vue, d’envisager des réponses définitives, dans la mesure où les besoins, voire les obligations de notre institution peuvent être inscrits dans la dynamique du processus de transition en cours dans notre pays.
Mesdames et Messieurs ; Distingués Invités ;
Pour rencontrer la préoccupation des organisateurs sur « la nature, le mandat et le plan d’action de la Haute Autorité des Médias », il y eu lieu de rappeler que les médias sont des témoins privilégiés des pulsations et des métamorphoses politiques qui ont marqué la vie de notre pays, depuis l’indépendance jusqu’à ce jour.
La volonté politique de doter la République Démocratique du Congo d’une structure indépendante de régulation des médias remonte à la Conférence Nationale Souveraine, aux premières années 90. L’un des actes de ce forum préconisait l’institution d’un Conseil national de l’Audiovisuel et de la Communication, appelé à promouvoir le droit du peuple à une information plurielle, libre et objective.
Par régulation, il faut entendre l’ensemble d’actions visant à instaurer un équilibre dans le fonctionnement du secteur de la presse, à garantir un accès égalitaire de tous aux médias publics et à concilier l’exercice loyal du métier de journaliste avec les missions d’intérêt général.
Aux termes de la résolution du Dialogue Intercongolais relative au secteur des médias, la Haute Autorité des Médias a reçu mission de :
1. veiller au respect de la loi sur l’exercice de la liberté de la presse tant écrite qu’audiovisuelle en République démocratique du Congo ;
2. Garantir les droits du citoyen à une information pluraliste, fiable et objective en exerçant un rôle de médiateur entre le public, les institutions et les médias ;
3 Garantir la neutralité et l’équité des médias publics vis-à-vis des forces politiques et sociales, notamment lors des consultations politiques et électorales
4 Réguler le secteur des médias publics et privés commerciaux, associatifs et communautaires ;
5 Veiller à la conformité aux lois de la République et à l’éthique, des productions de radios, télévisions et de la presse écrite ;
6. Veiller au développement technique et à l’accès des médias congolais aux nouvelles technologies de l’Information et de la Communication ;
7. Conseiller l’Etat, par des avis techniques sur toutes les matières concernant les médias audiovisuels, notamment dans l’attribution des fréquences et s’assurer du respect des cahiers des charges par les opérateurs du secteur ;
8. Veiller à la diffusion, dans les médias, de la culture de la paix, de la démocratie, de bonnes mœurs et des informations favorisant le développement socioéconomique ;
9. Œuvrer pour la production d’émissions, des programmes, des documentaires éducatifs et d’articles de journaux qui respectent les valeurs humaines, notamment la dignité de la femme, de la jeunesse, des personnes âgées et celles défavorisées ou vivant avec handicap ;
10. Amener la presse à appliquer son code d’éthique et de déontologie ;
11. Encourager l’implantation des médias dans les milieux ruraux
12. Encourager la corporation de la presse à assurer le professionnalisme notamment en formant et en recyclant ses membres ;
13. promouvoir la culture de l’excellence ;
14 ; Stimuler les relations entre les organisations internationales du secteur des médias sur le plan technique et les opérateurs nationaux.
Mesdames et messieurs, Distingués invités,
Conformément à l’article 157 de la Constitution de la Transition, la Haute Autorité des Médias est présidée par un représentant de la Société civile forces vives, tandis que les délégués des autres composantes et Entités du dialogue intercongolais font partie de son bureau.
Aussi, la proposition de loi portant organisation, attributions et fonctionnement de la Haute Autorité des Médias, déjà adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat, prévoit trois organes, à savoir :
o Une Assemblée plénière, organe de décision qui comprend 21 membres dont 13 délégués des associations professionnelles et non professionnels des médias ; o Un bureau composé de 8 membres, o 5 commissions spéciales.
De même, la proposition de loi prévoit une représentation de la Haute Autorité des Médias dans chaque province du pays.
Voilà présentée succinctement la Haute Autorité des médias, instance de régulation des Médias pendant la Transition.
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
La régulation des médias est un domaine de spécialisation et d’expertise. Nous saisissons donc l’occasion qui nous est offerte par le présent séminaire pour indiquer, à l’intention de l’Organisation Internationale de la Francophonie, que la Haute Autorité des Médias souhaiterais bénéficier, autant que possible, de l’expérience des instances similaires des pays de l’espace francophone, notamment des voyages d’études, des séminaires de formation et de remise à niveau, en vue de renforcer nos capacités opérationnelles. Notre personnel a tout simplement besoin d’un reformatage.
Comme toute organisation naissante, la Haute Autorité des Médias s’est inspirée de certains repères des partenaires étrangers pour la réalisation de ses textes fondamentaux. Nous entendons profiter de l’occasion que nous offrent les présentes assises pour raffermir nos premiers pas et évoluer vers une instance rigoureuse, capable d’encadrer une presse libre et responsable ;
La démocratisation de notre pays a favorisé une véritable explosion de l’expression à travers tout le territoire national par le truchement de la presse privée, commerciale et associative aussi bien écrite qu’audiovisuelle. Quoi de plus normal si l’on doit gérer plus de 60 millions de congolais ! En effet, on ne compte pas moins de 161 chaînes de radios et 57 chaînes de télévisions, tous secteurs confondus. La même tendance s’observe dans les mêmes proportions dans le secteur de la presse écrite.
Cette explosion de l’expression a été également observée en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Sénégal, Bénin et Mali, pays qui se sont particulièrement distingués dans la pratique démocratique qui s’est manifestée par l’alternance pacifique au pouvoir au sommet de l’Etat. Nous sommes heureux de constater que c’est également de ces pays francophones de l’Afrique de l’Ouest que proviennent d’éminentes personnalités qui président aujourd’hui aux destinées d’institutions internationales telles que l’organisation Internationale de la Francophonie, avec M.Abdou DIOUF, ancien Chef de l’Etat du Sénégal, et l’union Africaine, avec M.Alpha Oumar Konaré, ancien Chef de l’Etat du mali et le Président Zinzou ici à ma droite. La consolidation de la démocratie dans les pays précités a été accompagnée efficacement par les médias. Le rôle d’éducation civique et d’accompagnement dans les opérations de recensement, de vote et de dépouillement par la presse malienne et sénégalaise a été largement apprécié par les observateurs internationaux lors des dernières échéances électorales.
La République Démocratique du Congo a entrepris le même processus et estime pouvoir compter sur le même soutien de la Francophonie pour hisser ses médias au rang des médias les plus performants du continent.
Pour ce faire, et en sus des besoins relatifs à la formation, le volet équipement demeure au centre de nos préoccupations. En effet, aucune instance de régulation des médias ne peut véritablement accomplir sa mission si elle ne dispose en son sein, d’une unité de contrôle fiable comprenant une polythèque, un centre d’écoute et de visionnage ainsi que d’un appareillage indispensable de monitoring.
Point n’est besoin d’indiquer qu’avec les dimensions continentales de la RDC, la HAM devra disposer d’équipements pouvant permettre d’assurer la surveillance de l’ensemble des opérateurs individuels disséminés à travers le pays.
Ces besoins primordiaux, ainsi que bien d’autres, relatifs à la vocation de la haute Autorité des Médias, sont contenus dans notre plan d’action disponible depuis plusieurs mois.
A ce propos, nous nous adressons particulièrement au représentants de l’OIF présents à ces assises pour dire que les médias congolais, tout comme la Haute Autorité des Médias sont confrontés à un double défi, à savoir contribuer à la réussite de la Transition politique en cours et surtout accompagner le processus électoral en amenant les congolais à se doter des institutions légitimes et à se choisir des dirigeants librement et en toute responsabilité.
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Tout en souhaitant plein succès aux travaux des présentes assises, nous demeurons convaincus qu’avec l’ordre institutionnel actuel, la RDC est capable de mener à bien la transition vers un Etat de droit, état donné que tous les acteurs engagés dans ce processus, de l’intérieur comme de l’extérieur du pays, témoignent d’un engagement sincère à cette fin.
Nous vous remercions.
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