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Cérémonie solennelle d’ouverture
 
Message de Monsieur Roger Dehaybe
 

Message de Monsieur Roger Dehaybe

Administrateur général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie
lu par Monsieur Saliou Akadiri
Directeur de Cabinet de l’Administrateur général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie

Monsieur le Président de la République,
Madame la présidente de la Cour constitutionnelle,
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Monsieur le président de la Cour suprême,
Monsieur le président de Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication,
Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les membres du Corps diplomatique,
Mesdames, Messieurs,

Monsieur Roger Dehaybe, Administrateur général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, aurait bien voulu être parmi vous ce matin. Malheureusement pour des raisons de santé, il n’a pu effectuer le déplacement de Cotonou. Croyez bien qu’il le regrette.

Aussi m’a-t-il dépêché ici à la tête d’une importante délégation pour vous délivrer son message dont la teneur suit.

Monsieur le Président de la République,
Mesdames, Messieurs les présidents des Hautes Institutions de la République,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Avant toute chose, permettez-moi d’exprimer nos remerciements aux autorités béninoises pour l’accueil chaleureux dont la délégation de la Francophonie a été l’objet dès son arrivée à Cotonou, ainsi que pour les bonnes dispositions prises en vue de sa participation aux travaux de cette conférence.

Il y a dix ans, le Bénin, en organisant la Conférence des forces vives de la Nation, posait un acte historique dont la portée allait rapidement dépasser les limites de ses frontières nationales, dans la mesure où il rencontrait les aspirations généralisées et profondes en faveur du démocratique.

Par cet acte, en effet, le Bénin s’engageait dans un processus qui, à bien des égards, a été admiré et salué de par le monde, pour la rupture pacifique et consensuelle opérée avec le passé, en vue d’instaurer le pluralisme et le débat créatif.

1990-2000 ! Voici dix ans déjà que la démocratie béninoise fait son chemin. Fondée sur les valeurs de liberté, de primauté du droit, d’égalité, de justice et de paix, la démocratie béninoise est certes porteuse d’espoir pour tout un peuple, mais elle est aussi source d’enseignements pour tous les peuples animés des mêmes idéaux.

La référence à ces valeurs, constitutives de tout système démocratique explique sans aucun doute aussi tout le capital de soutien dont cette dynamique a bénéficié de la part de la communauté internationale.

C’est pourquoi la Francophonie, à travers son Organisation intergouvernementale de coopération multilatérale, a non seulement toujours tenu à répondre favorablement aux demandes de partenariat qui lui étaient adressées, au nom de cette solidarité particulière, en accompagnement des multiples initiatives, en vue de l’incarnation et de l’approfondissement de la démocratie au Bénin, mais, mieux, elle s’est résolument appuyée à la fois sur le rôle historique du Bénin dans l’avènement des démocraties nouvelles ou rétablies, notamment en Afrique, ainsi que sur le fructueux partenariat ainsi instauré avec l’ensemble des acteurs et des protagonistes de ce processus, pour élaborer et, régulièrement, ajuster son action, durant la décennie qui vient de s’écouler.

À ce titre, les échanges et les conclusions du colloque international que l’Agence intergouvernementale de la Francophonie a choisi d’organiser, en septembre 1991, ici même, à Cotonou, sur le thème : l’État de droit au quotidien : bilan et perspectives dans l’espace francophone”, ont revêtu, grâce à la pertinence et au caractère précurseur de la réflexion et de la concertation alors menées, une importance majeure pour fonder une stratégie appropriée à l’évolution politique et institutionnelle, ainsi qu’aux exigences qui se faisaient jour dans nombre de ses États et gouvernements membres engagés dans un processus de transition démocratique original.

Cet enrichissement progressif des activités de l’Agence qui, sur la base des décisions du Sommet de Dakar, en 1989, consacrant la création de la coopération juridique et judiciaire, ont pris en compte, successivement, à la suite des Sommets de Chaillot, en 1991, et de Maurice, en 1993, l’engagement en faveur d’une meilleure protection des droits de l’Homme, puis l’appui aux consultations électorales pluralistes, a connu un point d’aboutissement particulier, ici aussi, à Cotonou, en décembre 1995, lors du VIe Sommet de la Francophonie.

En effet, c’est au cours de ce sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage que furent adoptés les cinq grands programmes mobilisateurs de la Francophonie, parmi lesquels le programme “Espace de liberté, de démocratie et de développement” a été appelé à occuper, au lendemain de la Conférence des ministres francophones de la Justice, au Caire, en octobre 1995, ainsi que de la Conférence de Pékin sur les femmes, une place de choix, tant dans son contenu que dans les moyens qui lui sont consacrés.

La mise en oeuvre de ce programme a permis de développer avec l’ensemble des pays francophones, dont le Bénin, d’importants projets de coopération. Qu’il s’agisse des appuis aux différentes institutions de contrôle, de régulation ou de médiation (Cours constitutionnelles, Cours suprêmes, Hautes Autorités de l’audiovisuel et de la communication, ministères de la Justice, ministères des Affaires étrangères et de la Coopération), du soutien multiforme aux structures chargées de l’organisation des élections (Commissions électorales nationales, comme la CENA, ministères de l’Intérieur), des missions d’observation, dans le cadre des élections législatives ou présidentielles, de l’éducation et de la formation aux droits de l’Homme et à la citoyenneté, la volonté de la Francophonie, à travers ces actes, a toujours été de renforcer les capacités de ces institutions partenaires de manière à leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la construction démocratique.

C’est donc animée de cette même volonté qu’elle a répondu favorablement à votre demande de partenariat dans l’organisation des présentes assises sur le bilan des conférences nationales et autres modes de transition démocratique, thème essentiel pour qui veut appréhender la genèse et les modes de déploiement de ces processus pour en tirer les enseignements utiles à la compréhension des changements en cours et à l’action concertée pour l’avenir.

Au regard de ses objectifs, cette Conférence, dont les travaux s’ouvrent ce matin, s’inscrit en droite ligne dans la démarche du Symposium sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, que le vijie Sommet de la Francophonie réuni à Moncton en septembre dernier a décidé de tenir au cours de cette année 2000, avec trois préoccupations : dresser un état des lieux rigoureux et exhaustif de ces pratiques, tant dans les acquis que les insuffisances constatées, valoriser les pratiques considérées comme positives et pouvant, à ce titre, donner corps à des termes de référence communs, et, enfin, procéder aux éventuels ajustements requis en matière de coopération.

Ce Symposium, que le Mali abritera en octobre prochain, doit être précédé de quatre séminaires préparatoires, qui se dérouleront respectivement :

• au Tchad (fin mars), sur les institutions de la démocratie et de l’Etat de droit,
• à Paris (avril), sur les questions électorales,
• au Maroc (mai), sur la vie politique,
• et en Bulgarie (juin), sur la culture démocratique.

Peut-on examiner ces thèmes sans penser aux attentes qui ont constitué le levain des conférences nationales et des autres modes de transition démocratique ? Peut-on considérer ce cheminement sans prendre la mesure exacte des forces qui étaient à l’oeuvre et le génie avec lequel les pays africains engagés dans la voie de la transition démocratique, et le Bénin en particulier, ont su inventer des modes originaux de dialogue, de création du droit et d’organisation du pouvoir ? Tous ces éléments nous rappellent que pour assurer l’ancrage de la démocratie, qui est un processus continu et global, il convient aussi d’oeuvrer en faveur du développement, en s’appuyant sur la mobilisation de toutes les composantes de la société.

Monsieur le Président,

Vous comprendrez dès lors pourquoi la Francophonie ne pouvait rester indifférente à l’événement de ce jour dont elle se réjouit d’avoir été associée à la réalisation.

C’est pourquoi nous sommes particulièrement heureux et honorés d’être parmi vous ce matin, et vous remercions de l’opportunité qui a été ainsi offerte à la Francophonie d’être présente à ce nouveau rendez-vous de l’Histoire.

Aussi a-t-elle tenu à mettre à la disposition de ces assises les réseaux de compétence qu’elle a constitués au cours de ces dix dernières années. Nous sommes convaincus que la présence de ces experts aux côtés de leurs homologues béninois contribuera à rehausser le niveau des débats. De même, la participation à cette conférence de hautes personnalités, témoins ou acteurs de l’avènement de ces processus démocratiques, nous a semblé constituer un atout précieux pour les travaux de cette conférence. le saisis cette occasion pour les remercier, au nom de la Francophonie, de leur remarquable disponibilité et de leur apport déterminant dans l’approfondissement de l’Etat de droit et de la démocratie, ainsi que dans la défense des droits de l’Homme et des libertés fondamentales au quotidien.

La Francophonie se félicite d’ores et déjà des conclusions pertinentes qui sortiront des travaux de cette conférence. Elle confirme son engagement à poursuivre son action en vue de l’enracinement des valeurs démocratiques partout dans le monde, et notamment dans l’espace francophone.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

L’Afrique du troisième millénaire doit être un espace de liberté, de démocratie, de développement et de paix. Pour ce faire, tous les efforts, toutes les énergies doivent être conjugués pour qu’à jamais les pratiques antidémocratiques et les violations des droits de l’Homme soient bannies de ce continent. La Francophonie, riche à la fois de ses différences et des valeurs partagées, entend pleinement apporter sa contribution à ce combat.

Tels sont du reste la conviction profonde du Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Monsieur Boutros Boutros-Ghali, et le sens de l’action qu’il conduit, depuis deux ans, à la tête de la Francophonie.

Je vous remercie de votre attention.

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