.. 2
PREMIERE PARTIE : LE CONTEXTE POLITIQUE ET
LE CADRE JURIDIQUE ET TECHNIQUE DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 MARS 1999. 2
I. LE CONTEXTE POLITIQUE.. 2
1 Bref rappel historique. 2
2 Profil économique. 3
3 Profil socio-économique du Bénin.. 4
II. LE CADRE JURIDIQUE ET TECHNIQUE.. 4
1. La constitution béninoise. 4
2. Les Institutions de la démocratie. 5
3. Le rôle de la Commission électorale
nationale autonome (CENA). 6
III. LA PRÉPARATION DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES.. 7
1. Le calendrier électoral 7
2. Le coût et le financement des
élections. 8
IV. MÉTHODES DE TRAVAIL ET PARTICIPATION DE LA
MISSION FRANCOPHONE D'OBSERVATION À LA COORDINATION INTERNATIONALE DES OBSERVATEURS 10
1. Séances internes de travail et de
concertation.. 10
2. Participation à la coordination des
bailleurs de fonds. 10
3. Concertation avec les autres missions
d'observation.. 10
DEUXIEME PARTIE : L'OBSERVATION DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 MARS 1999 11
V. INTRODUCTION.. 11
COMMUNIQUÉ DE PRESSE : UNE MISSION FRANCOPHONE
INTERNATIONALE OBSERVERA LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DU 30 MARS 1999. 11
VI. OBSERVATION AVANT LE JOUR DU SCRUTIN DU 30
MARS 1999. 12
1. Séance d'information de la CENA.. 12
2. Rencontre au ministère de l'Intérieur. 12
3. Rencontre du Président de la mission,
Me Salek et du représentant Président du PNUD, M. Fawundou.. 12
4. Rencontre avec le Président et le
personnel de la HAAC.. 13
5. Rencontre avec le Président de la
Chambre des comptes de la Cour suprême. 13
6. Rencontre avec Mme Linda Trudel,
directrice de projet à l'IFES.. 14
7. Visites au siège de la CENA et des
Commissions électorales locales (CEL)
.
14
8. Rencontres avec les partis politiques
.
14
VII. L'OBSERVATION LE 30 MARS 1999 JOUR DU SCRUTIN.. 15
1. Déploiement de la mission francophone. 15
2. Organisation matérielle du scrutin.. 15
3. Déroulement du scrutin.. 17
4. Dépouillement du scrutin.. 18
.. 18
1. Rencontre avec les observateurs du
Gerddes-Afrique. 18
2. Rencontre avec les médias nationaux. 18
COMMUNIQUE DE PRESSE : PREMIERES
CONCLUSIONS DE LA MISSION FRANCOPHONE INTERNATIONALE D'OBSERVATION DES
ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 MARS 1999 19
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS.. 20
CONCLUSIONS
..
20
RECOMMANDATIONS
..
20
INTRODUCTION
Son excellence, M. Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire général de l'Organisation Internationale
de la Francophonie, a répondu favorablement à une requête présentée par les autorités du Bénin pour l'envoi
d'une mission d'observation des élections législatives qui ont eu lieu le 30
mars 1999.
Pour donner suite à cette demande, l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, par la
Délégation aux Droits de l'Homme et à la Démocratie, en concertation avec
l'APF, a constitué une délégation de quatre parlementaires et d'experts représentant
l'Afrique, l'Amérique et l'Europe. La mission de la Francophonie, présidée par
Me Salek Ould Abdel Jelil, Premier vice-président du Sénat de Mauritanie, s'est
rendue au Bénin du 25 mars au 2 avril 1999 et était composée des membres
suivants :
- Mme Fatima Houda-Pepin, députée, Assemblée nationale du Québec, Canada (Québec/APF);
- M. Bernard Dussaut, sénateur de la Gironde (France/APF);
- M. Mamadou Ndiaye, député, Assemblée nationale (Sénégal/APF);
- Me Jacques Bourgaux, président de l'action juridique internationale, (Communauté française
Wallonie-Bruxelles, Belgique);
- M. Jean Jacques Versière, ancien chef de mission (France);
- M. Jacque Drouin, adjoint au directeur général des élections du Québec (Canada).
La délégation de la Francophonie était appuyée par un comité de coordination dirigé par M.
Philippe Péjo, conseiller à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
(Secrétariat général). Sur place, à Cotonou, M. Pasteur Nzinahora, directeur du
Bureau de l'Agence de la Francophonie pour l'Afrique de l'Ouest (BRAO) et son
collaborateur M. Yao Danklou ont assuré l'organisation logistique de la mission
et la liaison avec les autorités béninoises.
Le mandat de rédiger le présent rapport a été confié à Mme Fatima Houda-Pepin, députée à
l'Assemblée nationale du Québec (Canada), assistée par Me Jacques Bourgaux, président de l'Action juridique
internationale.
PREMIERE
PARTIE : LE CONTEXTE POLITIQUE ET LE CADRE JURIDIQUE ET TECHNIQUE DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 MARS 1999
I. LE CONTEXTE POLITIQUE
1 Bref rappel historique
Ancienne colonie française, le Dahomey a accédé à l'indépendance le 1 er
août 1960. Cette même année, les leaders des trois principaux partis (MM. Apithy, Ahomadegbe et
Maga) décident la fusion de leurs formations pour la constitution du
gouvernement. Crises politiques et coups d'Etat militaire se succèdent jusqu'en
1979.
S'appuyant sur la mauvaise situation économique du pays et sur la montée du nationalisme
dahoméen, le 26 octobre 1972, le commandant Kérékou prend le pouvoir et
constitue le Conseil de la révolution.
En 1975, le Dahomey adhère à l'idéologie marxiste-léniniste et devient la République
populaire du Bénin, puis en 1990, la République du Bénin. En 1989, et à la
suite d'agitations dans tous les milieux sociaux, le marxisme-léninisme est
rejeté. Du 19 au 28 février 1990, près de 500 représentants de toutes les
couches sociales et de toutes les sensibilités se sont réunis dans une conférence
dite des « forces vives de la nation », présidée par Monseigneur Isidore de
Souza. Ils se sont mis d'accord pour démettre l'ancien gouvernement «
révolutionnaire », dissoudre l'Assemblée nationale et élire un nouveau Premier
ministre, Nicéphore Soglo, ancien administrateur à la Banque mondiale. Le
général Kérékou est alors demeuré président de la République et chef de l'État,
mais sans être chef de gouvernement, ni chef de l'armée.
Dans un délai d'un an, la nouvelle équipe a pu faire voter une Constitution garantissant les
libertés d'association, d'opinion et de presse ainsi qu'une réelle séparation
des pouvoirs. Elle a aussi organisé, sur la base de cette constitution nouvelle,
des élections libres et démocratiques qui ont fait passer dans les faits un
discours généreux de lutte contre la torture et la violation des droits de la
personne. Tous les détenus politiques ont été libérés, les exilés sont rentrés
au Bénin et la langue de bois a disparu des journaux et de la télévision. En
mars 1990, les écoles ont été rouvertes après plus d'un an de fermeture et les fonctionnaires
en grève ont repris le travail.
C'est dans ce contexte que le 21 mars 1991, M. Nicéphore Soglo, fut élu président de la
République à l'issue d'une campagne où s'était présentée une dizaine de
candidats, dont l'ex-président, Mathieu Kérékou.
Cette élection mettait un point final au régime marxiste-léniniste et ouvrait la voie
désormais à une économie de libre marché. Ce nouveau gouvernement a renoué des
liens solides avec le monde occidental, l'Asie et l'Afrique, et plus particulièrement
avec la Corée du Sud, la Thaïlande et le Maroc avec qui tout lien avait été
rompu durant le régime marxiste-léniniste. Enfin, les relations furent reprises
avec Israël et le gouvernement du Nigeria, son allié commercial le plus important,
fut reconnu par le Bénin.
À l'approche des élections législatives prévues pour février 1995, les relations entre le
président Soglo et l'Assemblée nationale sont devenues plus tendues. Le budget
de 1994, présenté par le président, a été bloqué par l'Assemblée nationale, ce
qui a obligé M. Soglo à soumettre le problème à l'arbitrage de la Cour
constitutionnelle.
Le 18 mars 1996, le Président Nicéphore Soglo a perdu le pouvoir en faveur de son ancien
adversaire, le Général Mathieu Kérékou, qui a remporté le second tour des élections
présidentielles avec 52,4 % des voix. Il a alors contesté énergiquement ces
résultats en dénonçant ce qu'il a appelé « une vaste conspiration contre la
démocratie », mais son parti (La Renaissance du Bénin) a fait un retour en
force lors des législatives du 30 mars 1999. Ces élections interviennent au terme
d'un mandat de 4 ans et mettent en présence 5 810 candidat(e)s appartenant à 35
partis ou alliances de partis, répartis dans 24 circonscriptions, pour pourvoir
83 sièges à l'Assemblée nationale du Bénin, chaque circonscription élira de 2 à
5 députés.
2 Profil économique
L'agriculture est la première activité du pays. Les productions végétales et l'élevage
permettent une balance agricole à peu près équilibrée. Les activités des
secteurs secondaires sont limitées, même pour le pétrole dont les réserves
s'épuisent. La production hydroélectrique est en croissance, ce qui permettra
au Bénin de ne plus importer d'électricité du Ghana. Le pays cherche à
privatiser ses entreprises, mais trouve difficilement acquéreurs dans certains
cas. Les femmes jouent un rôle déterminant dans l'économie du Bénin tant dans
le monde rural qu'en milieu urbain. Elles sont particulièrement actives dans le
commerce de détail.
Le pouvoir béninois donne une impulsion aux affaires et à la mise en place d'un système
bancaire efficace. Les effets de la dévaluation du franc CFA se sont faits
sentir sur le taux d'inflation en 1994 et 1995. Un programme d'ajustement structurel
renforcé (PASR), dont l'objectif était de parvenir à une croissance annuelle de
4 % et de contenir l'inflation à 3 % a été mis en place en 1995. Malgré une
croissance réelle du PIB de 5,4 % et un taux d'inflation de 4 %, en 1997, la
cote de crédit du Bénin a chuté de 1,5 en mars 1995, ce qui fait passer le pays
de la 22e à la 23e position des pays africains.
L'économie du Bénin dépend largement de son premier produit exporté le coton, qui constitue
52 % du total de ses exportations. Ses principaux clients sont le Brésil et le
Portugal, tandis que la France demeure son principal fournisseur avec 21,5 % du
total de ses importations.
La croissance de l'économie béninoise a enregistré une baisse en 1998 par rapport à 1997,
passant de 5,7 % à 4,5 %. Malgré les efforts consentis, l'économie demeure
tributaire de l'aide extérieure dans une proportion de 30 % et 33 % des Béninois
vivent sous le seuil de la pauvreté selon un rapport du ministère du Plan.
L'un des fléaux qui ronge l'économie béninoise et dont les observateurs étrangers ont été
saisis lors de leurs entretiens avec les autorités rencontrées, touche la
problématique de la corruption.
Dans une dépêche de l'AFP publiée le 28 mars 1999, à la veille des élections législatives et
inti- tulée « L'économie béninoise mise à rude épreuve par la corruption », on
peut lire qu'il s'agit là d'un « sport national » au point que le président
Kérékou ait décidé, à son retour au pouvoir en avril 1996, de créer une cellule
de « moralisation de la vie publique », placée sous son autorité directe.
Par ailleurs, un rapport du ministère des Finances indique que l'État béninois perd 25 % de ses
recettes annuelles à cause de la fraude et de la corruption. On note également
que seuls 10 % des contribuables paient leurs impôts à l'État.
3 Profil socio-économique du Bénin
Données générales 1997
|
Nom officiel
|
République du Bénin
|
|
Date d'indépendance
|
Le 1 er août 1960(garde le nom de Dahomey jusqu'au 30 novembre 1975 : devient alors République
populaire du Bénin, puis République du Bénin en 1990)
|
|
Population(millions hab.)
|
5,9 millions
|
|
Superficie (km2)
|
1 667 926
|
|
Capitale(millions hab.)
|
Porto Novo (0,18) (capitale officielle)
|
|
Autres villes principales (millions hab.)
|
Cotonou (0,5) (capitale politique)
|
|
|
Parakou (0,066)
|
|
|
Abomey (0,054)
|
|
|
Natitingou
(0,056)
|
|
Nombre de francophones
(millions)1
|
0,47, soit 8 %
de la population du Bénin
|
|
Membre de la
Francophonie (date d'adhésion)
|
État membre
depuis mars 1970
|
|
Langue(s)
parlée(s)
|
Français
(off.), fon (Centre et Sud), yorouba (Est), mina (Ouest), somka, (Nord), dendi,
bariba, goun, adja, pila-pila
|
|
Religion(s)
|
Animiste (50
%) et pratique du vaudou (le vaudou est devenu la religion d'État en 1996);
chrétienne (20 %) : catholiques et protestants (Sud); musulmans (15 %) :
Nord.
|
|
PIB (milliards
$ EU)
|
2,17
|
|
Monnaie Franc
|
CFA
|
Sources : État du monde 1998, Encyclopédie Encarta 1998 Agence de la Francophonie le 21
décembre 1998.1
II. LE CADRE JURIDIQUE ET TECHNIQUE
1. La constitution béninoise
La Conférence nationale dite des « forces vives de la nation », convoquée par décret 90,40 du
23 février 1990 (et installée le 19 février 1990 par le Président de la
République de l'époque) et présidée par le défunt archevêque de Cotonou Monseigneur
Isidore de Souza, a élaboré une charte nationale qui servira de base à
l'élaboration d'une constitution transitoire après avoir « constaté » la
caducité de la Loi fondamentale de 1977.
La nouvelle
constitution - élaborée par une commission ad hoc et approuvée par le Haut
conseil de la République (HCR) qui, dans le cadre de la transition démocratique,
avait été investi du pouvoir législatif et avait également été présidé par
Monseigneur de Souza - a été adoptée, par référendum populaire le 2 décembre
1990, par 93,2 % des suffrages exprimés et promulguée par le président de la
République.
Cette
constitution (comportant 159 articles) organise l'État de droit en République
du Bénin, garantit le pluralisme politique, définit les structures
démocratiques et prévoit toute une série de dispositions permettant d'assurer
la protection des droits fondamentaux. Ainsi, elle intègre, dans le droit
béninois, au plan constitutionnel, la Charte africaine des droits de l'Homme et
des peuples adoptée par l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1981,
ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986.
La Constitution
béninoise, oeuvre collective d'une société voulant « tourner la page » du
système de parti unique, après avoir proclamé l'indivisibilité, la laïcité et
le caractère démocratique de la République (article 2) et que la souveraineté nationale
appartient au Peuple, qui l'exerce par des représentants élus et par voie de
référendum (les partis politiques concourant à l'expression du suffrage), fait
figurer les droits et les devoirs de la personne humaine dès son titre II
(articles 7 à 40).
Elle consacre,
enfin, tout le titre VI au Pouvoir judiciaire (articles 125 à 138) en prévoyant
qu'il est « indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif ». C'est
le Président de la république qui est garant de l'indépendance de la justice étant
« assisté par le Conseil supérieur de la magistrature » (article 127).
2. Les Institutions de la démocratie
Il convient ici d'évoquer :
a) une Cour
suprême (article 131), qui est la plus haute juridiction de l'État en matière
administrative, judiciaire et des comptes de l'État. Elle est également
compétente en ce qui concerne le contentieux des élections locales. Ses
décisions ne sont susceptibles d'aucun recours.
b) une Haute
Cour de justice (articles 135 et suivants), compétente pour juger le président
de la République et les membres du Gouvernement pour faits graves (les
juridictions de droit commun pouvant connaître des infractions pénales commises
en dehors de l'exercice de leurs fonctions).
c) Une Haute
autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) (articles 142 &
143). Cette institution a connu des développements divers et a été organisée
par deux lois organiques (loi no 92-021/21/08/92 et no 92018/27/04/94 portant
amendement de la précédente) et dans le contexte nouveau de la loi no
97-010/20/08/97 portant libéralisation de l'espace audiovisuel (avec
dispositions pénales spéciales relatives aux délits en matière de presse et de
communication) en République du Bénin.
Il est à relever
que la loi no 98-034/15/01/99 portant règles générales pour les élections du 30
mars 1999 prévoit en son article 37 que « les candidats et les partis
politiques peuvent utiliser pour leur campagne les médias d'État : radio, TV et
presse écrite » et que la HAAC « veille à l'accès équitable aux médias d'État
de tous les candidats et partis politiques admis à prendre part aux élections
». L'actuelle HAAC a été installée le 14 juillet 1994 pour une durée de 5 ans
officiellement.
Sa composition
est de 9 membres (3 désignés par le Chef de l'État, 3 nommés par le bureau de
l'Assemblée nationale, 3 élus par les 6 autres membres à titre de leurs
compétences en presse écrite, audiovisuelle et comme techniciens).
La HAAC, qui
s'exprime par des décisions applicables en droit béninois, a, notamment, pris
les décisions no 98-050 du 17 juin 1998 (modifiant une précédente disposition
de 1995) relative à l'organisation de l'accès équitable des partis politiques,
des associations et des citoyens aux médias du service public, 99-007 portant
réglementation de la précampagne et de la campagne médiatiques pour les
élections législatives du 30 mars 1999, ainsi que 99/016 portant autorisation
de diffusion pour les radios rurales locales, associatives et confessionnelles
des messages d'éducation civique de la CENA et 99-019 interdisant la
programmation et la diffusion par les organes de presse de service public de
certaines catégories d'émissions en période de campagne électorale.
d) La Cour
constitutionnelle qui se voit attribuer un rôle extrêmement important (titre V
- articles 114 à 125), étant « la plus haute juridiction de l'État en matière
constitutionnelle ». Elle est juge de la constitutionnalité des lois et
décrets. Elle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les
libertés publiques et est reconnue, constitutionnellement comme ayant un rôle
d'organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l'activité des
pouvoirs publics. De même elle peut être saisie avant la promulgation des lois,
par le président de la République ou tout membre de l'Assemblée nationale. Tout
citoyen peut également la saisir sur la constitutionnalité des lois soit par
action directe, soit à posteriori, à l'occasion d'un procès par la procédure
d'exception d'inconstitutionnalité.
La Cour est
composée de 7 membres dont le mandat est de 5 ans (renouvelable 1 fois), 4
étant élus par l'Assemblée nationale et 3 nommés par le président de la
République.
L'indépendance
réelle, dont fait preuve la Cour depuis son installation ainsi que la qualité
de ses décisions conforme à ses missions, ont pour conséquence que son autorité
et sa légitimité sont unanimement reconnues par tous les acteurs de la vie
politique et par la population béninoise. Elle est un fondement essentiel du
dispositif constitutionnel actuel. La loi organique no 91-009/04/03/91 fixe son
organisation et ses règles de fonctionnement, la Cour s'étant dotée, par
ailleurs d'un règlement intérieur.
Ces différentes
institutions ont bénéficié depuis 1994, compte tenu de leur importance dans
l'approfondissement de la démocratie et de l'Etat de droit au Bénin, ainsi que
de leur dynamisme, d'un appui significatif de la part de l'Agence de la Francophonie.
3. Le rôle de la Commission électorale nationale autonome (CENA)
Émanation d'une
volonté politique nationale et d'un choix de mode d'organisation et de contrôle
des élections tant législatives que présidentielles, la CENA a été instituée,
en vue des élections législatives du 5 février 1995, par la loi no 94-013 « portant
règles générales pour les élections du président de la République et les
membres de l'Assemblée nationale »,adoptée (en 2e lecture) le 21 novembre 1994 et
promulguée par le président de la République le 17 janvier 1995 après avoir été
approuvée par la Cour constitutionnelle le 23 décembre 1994. Cette loi a mis en
place de nouvelles structures de gestion électorale, non assurée par le
ministère de l'Intérieur.
Il y a eu en
fait, 3 CENA, la structure telle que prévue actuellement par les textes n'ayant
pas de caractère permanent entre 2 élections. Une première CENA a été installée
le 3 février 1995, la deuxième le 19 janvier 1996 (qui organisait les élections
présidentielles de mars 1996) et la troisième qui s'est occupée de
l'organisation des élections législatives du 30 mars 1999, installée quant à
elle le 26 janvier 1999 par la Cour constitutionnelle.
Pour la première
fois en 1999, tous les membres de la CENA ont prêté serment devant cette haute
juridiction et se sont engagés à servir la nation béninoise avec honnêteté,
impartialité, rigueur et sans arrière pensée politique.
Aux termes de la loi n° 99-015/12/03/99 modifiant et complétant la loi n° 98-034/15/01/99, portant règles générales pour les
élections, il est prévu que :
- La CENA est
composée de 23 personnalités reconnues pour leur compétence, leur probité, leur
impartialité, leur moralité, leur sens patriotique (chaque titulaire ayant un
suppléant) et choisies à raison de 3 par le Gouvernement, 15 élus par l'Assemblée
nationale, 4 magistrats (ayant au moins 10 ans d'expérience professionnelle)
élus en assemblée générale des magistrats ainsi qu'un représentant élu par la
Commission béninoise des droits de l'Homme. La CENA élabore et adopte son règlement
intérieur et procède à l'élection des membres de son Bureau (7), les 16 autres
membres assurant la coordination avec les Commissions électorales
départementales (CED).
- Au niveau
départemental est créée une Commission électorale départementale (CED) composée
de 9 membres. Ceux-ci sont désignés de la même manière que pour la CENA dans
une proportion de 1,5,2 et 1 (article 43 de la loi). Il y a actuellement 12
départements au Bénin.
- Au niveau
local, sont installées des Commissions électorales locales (CEL), constituées
pour chaque CEL des communes de droit commun de 7 membres et pour les communes
à statut particulier (Cotonou, Porto-Novo, Parakou) de 15 membres. Les membres
de la CEL sont nommés par la CENA sur proposition de la CED concernée (article
44 de la loi). La Commission électorale nationale autonome (CENA) est chargée
de la préparation, de l'organisation, du déroulement et de la supervision des
opérations de vote.
Elle centralise
les résultats des élections législatives, présidentielles et locales (qui n'ont
pas encore eu lieu) et a tout pouvoir d'investigation pour assurer la sincérité
du vote.
Aux termes de
l'article 46 de la loi, elle est chargée, après avoir centralisé les résultats
pour l'ensemble du territoire
national, de les
transmettre à la Cour constitutionnelle pour vérification de la régularité des
opérations électorales, examen de réclamations et proclamation des résultats
définitifs, assurée par cette seule cour.
Elle jouit également d'une autonomie de son budget et dispose d'une réelle autonomie par
rapport au Gouvernement, au Parlement et aux départements ministériels, sous
réserve des dispositions contraires prévues par la Constitution du 11 décembre
1990 (notamment les articles 49 alinéa 2 et 117, 1er et 2e alinéas) et par
la loi 91-009/04/03/91 portant loi organique sur la Cour constitutionnelle (qui
notamment stipule que c'est la Cour, en cas de contestation sur la régularité
des élections qui statue et veille à la régularité du scrutin).
Les élections du
mardi 30 mars 1999 (prévues au départ du processus électoral au dimanche 28
mars 1999, mais reportées pour des motifs religieux à savoir la fête musulmane
de la Tabaski) ont été organisées dans le cadre légal de la nouvelle loi no
98-036/15/01/99 portant modification de la loi 94-015/27/01/95 définissant les
règles particulières pour l'élection des membres de l'Assemblée nationale. Le
nouveau dispositif électoral prévoit que le nombre de députés est fixé à 83 et
que le territoire national est divisé en 24 circonscriptions électorales. La
loi nouvelle modifie ainsi les articles 7 (relatif aux questions de vacance
isolée d'un député par décès, démission, etc. et les conséquences d'une
invalidation - annulation de l'élection d'un député), 11 (conditions pour être
candidat, incompatibilités de certaines fonctions pour être candidat dans une
circonscription où ces fonctions sont exercées) et 21 (incompatibilités avec le
mandat de député).
La loi nouvelle
fixe que la campagne électorale est ouverte à 00 heure le 15e
Les circonscriptions électorales sont portées à 24 (au lieu des 6 départements
électoraux précédemment) et comptent dorénavant 7 060 bureaux de vote répartis
sur tout le territoire national qui, également font fonction de bureaux de dépouillement.
Le recensement
électoral, dans un contexte où les citoyens béninois ne disposent pas en
majorité d'une pièce d'identité, a été conduit par la CENA (via les CED et CEL
installées dans les chefs lieux des anciens départements) par 21 000 agents recenseurs
en 10 jours (du 22 février 1999 au 3 mars 1999). Ce recensement a permis
l'inscription de 2 769 323 électeurs (sur une population estimée en âge de
voter c'est-à-dire de plus de 18 ans de l'ordre de 2 800 000) pour une
population globale de 5 882 561 en 1999 selon l'Institut national de
statistique et d'économie appliquée (INSEA).
Le déroulement
des élections du 30 mars 1999 a été fixé également de 7 heures à 17 heures sur
toute l'étendue du territoire national (avec une interprétation de la CENA qui
consiste à prévoir une ouverture des bureaux durant 10 heures en cas de retard
dans le début des opérations).
Il faut relever
que les dispositions électorales nouvelles de la loi no 98-036/15/01/99 ont été
promulguées par le président de la République après 3 séances de vote de
l'Assemblée nationale (17 septembre 1998, 24 décembre 1998 et 13 janvier 1999)
en raison des décisions rendues par la Cour Constitutionnelle quant à la mise
en conformité constitutionnelle des nouvelles lois votées (décisions
DCC98-090/07/12/98 et 99-003/08/01/99).
Enfin, il faut situer également le processus électoral actuel dans le cadre de la mise en
place de nouvelles structures décentralisées de l'État béninois, conformément à
des engagements pris par le monde politique depuis plusieurs années. Ainsi, la
loi 97-028/15/01/99 portant organisation de l'administration territoriale
(adoptée en 1ère lecture par l'Assemblée nationale le 4 août 1997, ayant fait
l'objet de plusieurs autres votes et discussions suite aux décisions de mise en
conformité de la Cour constitutionnelle) et celle no 97-029/15/01/99 portant
organisation des communes en République du Bénin. Cette dernière loi est un
tournant dans l'organisation de l'État de droit et stipule explicitement en son
article 2 « la commune constitue le cadre institutionnel pour l'exercice de la
démocratie à la base. Elle est l'expression de la décentralisation et le lieu
privilégié de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques
locales ». Le texte nouveau prévoit au sein des communes des arrondissements,
eux-mêmes divisés en quartiers de villes dans les zones urbaines ou en villages
dans les zones rurales.
III. LA PRÉPARATION DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES
1. Le calendrier électoral
L'organisation
des élections législatives au Bénin est confiée à la Commission électorale
nationale autonome (CENA) qui dispose d'une structure décentralisée au niveau
des départements, des sous-préfectures et des communes. C'est la CENA qui a
élaboré et adopté le calendrier électoral des législatives du 30 mars 1999, qui
se présente comme suit :
- Le 8 février
1999 : installation des Commissions électorales départementales (CED) dans les
chefs-lieux des anciens départements;
- Le 12 février
1999 à 00 heure : dépôt des dossiers de candidature par les partis ou alliances
de partis dans les CED ou à la CENA;
- Le 26 février
1999 à minuit : fin de dépôt des dossiers de candidature par les partis ou
alliances de partis dans les CED ou à la CENA;
- Du 22 février
au 3 mars 1999 : établissement des listes et registres électoraux;
- Le 5 mars 1999
: publication de la liste des candidats titulaires et leurs suppléants;
- Le 8 mars 1999
: affichage des listes électorales;
- Le 13 mars
1999 : rencontre avec les partis ou formations politiques;
- Le 14 mars
1999 à 00 heure : début de la campagne électorale;
- Le 28 mars
1999 à minuit : fin de la campagne électorale;
- Le mardi 30
mars 1999 : élection des députés dans les circonscriptions électorales.
2. Le coût et le financement des élections
2.1. Financement des partis politiques
Les moyens financiers dont disposent les partis politiques sont variés. Lors des
entretiens que les membres de la délégation francophone ont eu avec les
représentants des partis politiques, le financement est un point qui revenait constamment
dans la discussion. On nous a signalé que certains partis dans la course
avaient des moyens financiers considérables.
La loi prévoit que chaque candidat ait le droit de dépenser 3 millions de francs CFA durant la
campagne. L'État, selon certaines conditions, rembourse une partie de ces
dépenses.
Le budget de la campagne de chaque parti doit être déposé préalablement à la cour
constitutionnelle. Les dépenses réelles de chaque candidat doivent également
être déposées dans les 60 jours suivant la date du scrutin.
Les sources de financement des partis demeurent quant à elles inégales, certains partis
pouvant compter sur des contributions généreuses des compagnies, alors que
d'autres ont davantage recours au financement populaire et à la vente de cartes
d'adhésion.
2.2. Le coût des élections
Dans sa lettre du 15 janvier 1999 adressée au Secrétaire général de la Francophonie, le
Ministre des Affaires étrangères estimait le coût des élections à 5 212 679 220
CFA, dont :
- 2 878 373 320 sur le budget national;
- 2 334 305 900 sur appuis externes (à trouver et à négocier).
Cette estimation
a connu des révisions inévitables :
- à l'origine les crédits prévus se limitaient à 2 milliards de Francs CFA :
- 1 milliard CFA au titre de l'exercice 1998, engagé à la fin de l'année dernière pour des
acquisitions nécessaires à la préparation des élections;
- 1 milliard sur l'exercice 1999.
- Par la suite,les crédits ont été portés à 5 212 679 220 CFA, et enfin réduits à 4 700 262
200 CFA.
Ce budget devait
être affecté de la façon suivante :
1) CENA : 3 3 547 262 200
2) Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) : 40 000 000
3) ORTB : 318 000 000
4) Cour suprême : 46 000 000
5) Cour constitutionnelle : 73 000 000
6) Ministère de l'Intérieur et de l'administration territoriale : 580 000 000
7) Ministère de la Culture : 77 000 000
8) Ministère de la Justice 19 000 000
Un tel budget appelle deux remarques :
- Il est incomplet car il n'intègre pas certaines contributions mises en oeuvre
directement par les bailleurs de fonds et les ONG ;
- Il est imprécis puisqu'il comprend des opérations qui entreront dans le cadre de la
préparation des élections communales ultérieures.
Concernant la CENA, les crédits prévoient trois catégories de dépenses :
Matériel : 1 732 233 000
Fournitures de bureau : 109 302 200
Personnel : 1 605 627 000
Plus une ligne «imprévus » : 100 000 000
Soit un total : 3 547 262 200 CFA
2.3.Contribution de la communauté internationale au financement des élections législatives
Une dizaine de sources de financement y a contribué : Ces contributions représentent un apport
de 1 985 940 000 CFA pour le financement extérieur soit 2 714 322 200 CFA laissés à la charge du budget national.
|
UNION EUROPÉENNE
Par remboursement (sur les crédits d'aide budgétaire)
Le 1 milliard de Fr.CFA de dépenses d'investissement liées aux élections et inscrites dans le budget
national.Ces remboursements de dépenses préfinancées par le Bénin s'effectueront en juillet 1999.
|
(millions de Fr CFA)
1 000
|
|
FRANCE
Affectés à la fourniture des isoloirs
|
100
|
|
CANADA
Appui à l'IFES pour :
- assurer la formation de 20 000 agents recenseurs
- assurer la formation de 20 000 agents de bureau de vote
- le financement des deux guides pratiques
- Appui financier à la CENA pour la production de 20 000 copies du guide des membres des
bureaux de vote et le guide de l'agent recenseur
- Financement de la publication du Recueil des textes fondamentaux
- Appui financier à la HAAC pour superviser les radios rurales et locales, les radios communautaires
et commerciales durant la pré-campagne et la campagne électorale du 30 mars
|
80
|
|
U.S.A.I.D.
Fourniture de matériel (encre indélébile)
Appui à l'IFES
Appui à des ONG pour l'observation
|
500
|
|
P.N.U.D.
Soutien technique d'un expert-informaticien et matériel informatique
|
16
|
|
DANEMARK
Fourniture de 8 000 urnes transparentes : 90 M
Appui à l'ONG « Repat » qui a formé une centaine d'observateurs nationaux : 25 M
|
115
|
|
PAYS-BAS
Contribution au financement des bulletins de vote
|
30
|
|
SUISSE
Financement du « Repat » pour des opérations de formation
|
16
|
|
R.F.A.
Fondation Conrad Adenauer soutien à la sensibilisation et à la formation d'observateurs
nationaux
|
45
|
|
FRANCOPHONIE(voir détails en annexe)
Soutien à la CENA : 44,68
Soutien à la HAAC : 24,25
Soutien au Ministère de l'Intérieur : 15
|
_83,93
|
Ces contributions représentent un apport de 1 985 940 000 CFA pour le financement
extérieur soit 2 714 322 200 CFA laissés à la charge du budget national.
Il faut noter que les modalités de la contribution significative de la Francophonie ont été
identifiées à l'occasion de la mission accomplie par Madame Christine
Desouches, Délégué aux Droits de l'Homme et à la Démocratie, en février 1999, afin
d'inscrire cette contribution dans le cadre des actions engagées par l'Agence à
l'occasion des précédentes élections, ainsi que dans celui des annonces déjà
présentées par les autres partenaires au développement du Bénin, sous la
coordination du PNUD.
IV. MÉTHODES DE TRAVAIL ET PARTICIPATION DE LA MISSION
FRANCOPHONE D'OBSERVATION À LA COORDINATION INTERNATIONALE DES OBSERVATEURS
1. Séances internes de travail et de concertation
La délégation francophone a mené ses opérations de façon autonome en concertation avec le
PNUD qui coordonnait l'ensemble des missions d'observation étrangères sur le
territoire du Bénin.
Les membres de la mission francophone ont convenu de se rencontrer quotidiennement pour faire
le point sur l'état d'avancement de leurs travaux et échanger sur les
entretiens qu'ils ont eus avec les autorités béninoises. Un suivi régulier a été
établi avec la CENA, le PNUD, la Fondation internationale pour les systèmes
électoraux (IFES) et les autres missions d'observation internationales.
Au cours de
leurs séances de travail journalières les membres de la mission ont débattu de
la situation politique au Bénin et établi la liste des responsables qu'ils
souhaitent rencontrer au niveau du gouvernement, des partis politiques, de la CENA,
du PNUD, de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC),
des représentants diplomatiques et des ONG locales et internationales.
Dès le lendemain
de leur arrivée à Cotonou, les membres de la mission francophone ont émis un
communiqué de presse pour manifester leur intérêt à rencontrer les différents
acteurs politiques béninois.
Le coordonnateur
de la mission, M. Philippe Péjo a remis aux membres de la délégation un dossier
d'information sur la situation politique au Bénin préparé par la Délégation aux
Droits de l'Homme et à la Démocratie. D'autres documents ont été reçus lors de
la séance d'information du 26 mars 1999, organisée par la CENA à l'intention
des 280 observateurs.
Une grille
d'observation a été élaborée dont plusieurs exemplaires ont été remis à chacun
des membres de la mission pour y consigner ses commentaires le jour du scrutin.
Il a également
été convenu de se déployer, dans la mesure du possible, dans différents
départements par équipe de deux observateurs. C'est ainsi que la mission
francophone a planifié d'être présente dans au moins cinq départements, soit le
Littoral, les Collines, l'Atlantique, le Oueme et Borgou.
2. Participation à la coordination des bailleurs de fonds
Deux membres de
la mission ont établi des contacts avec les représentants d'organismes et de
pays qui ont contribué financièrement à l'organisation des élections, M.
Jean-Jacques Versière pour le PNUD et M. Jacques Drouin pour le Canada. Ces
rencontres informelles visaient à recueillir des informations sur les sources
de financement de la campagne électorale et la contribution de la communauté
internationale. Au terme de la mission qui a pris fin le 2 avril 1999, il n'a
pas été possible de savoir avec exactitude le budget de l'élection. Cependant,
des données ont été recueillies dans les jours qui ont suivi et demeurent
malgré tout incomplètes.
3. Concertation avec les autres missions d'observation
Conformément aux recommandations du « Document portant principes directeurs devant guider l'envoi
d'une mission d'observation d'élections », la mission de la Francophonie
internationale a établi des contacts avec les autres observateurs présents sur
le territoire, notamment les Américains, les Canadiens, les Danois et les ONG
locales.
L'observation des élections était assurée par des délégations étrangères et par des éléments
nationaux formés à l'aide de différents fonds extérieurs. L'Union européenne a
été sollicitée par les autorités béninoises mais n'a pas envoyé d'observateurs.
Globalement, les effectifs de l'observation étaient de l'ordre de 280 personnes
réparties comme suit :
|
USA
|
110 (incluant
les nationaux)
|
|
Repat
|
100
|
|
Gerddes
Afrique
|
33
|
|
Danemark
|
11
|
|
Francophonie
|
9
|
|
Canada
|
7 (recrutés
localement)
|
|
AEDA
|
2
|
|
SOS Afrique
|
7
|
|
RFA (Fondation Conrad Aderauer)
|
2
|
Le président de la mission, Me Salek Ould Abdel Jelil a maintenu une relation directe et
constante avec le représentant résident du PNUD et le président de la CENA.
Les membres de la mission ont par ailleurs pris contact avec leurs représentations
diplomatiques respectives, notamment la France et le Canada.
DEUXIEME PARTIE : L'OBSERVATION DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 MARS 1999
V. INTRODUCTION
La mission d'observation de la Francophonie déployée à l'occasion du scrutin du 30 mars a
séjourné au Bénin, du 25 mars au 2 avril 1999.
Les membres de la mission sont arrivés à Cotonou alors que se préparaient les funérailles de
Monseigneur Isidore de Souza, considéré par la classe politique tout entière
comme le père spirituel de la démocratisation du Bénin. La mission coïncidait
également avec la célébration de la Tabaski, l'une des principales fêtes
musulmanes (l'Aïd El-Kebir).
Malgré ce contexte particulier et le fait que les principaux acteurs politiques étaient
engagés en pleine campagne électorale - plusieurs ministres que nous aurions
souhaité rencontrer étaient candidats aux législatives et faisaient campagne dans
tout le pays - nous avons réussi à avoir des entretiens intéressants et
diversifiés avec les personnalités dont la liste figure en annexe.
COMMUNIQUÉ
DE PRESSE : UNE MISSION FRANCOPHONE INTERNATIONALE OBSERVERA LES ÉLECTIONS
LÉGISLATIVES DU 30 MARS 1999
A l'invitation
du gouvernement de la République du Bénin, adressée à S.E. M. Boutros
Boutros-Ghali, secrétaire général de la Francophonie, une mission francophone
d'observation est arrivée à Cotonou le 25 mars 1999, dans le cadre des
élections législatives du 30 mars 1999.
Cette mission,
conduite par Me Salek Ould Abdel Jelil, premier vice-président du Sénat de
Mauritanie, est composée de par lementaires et d'experts désignés par
l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et l'Organisation
internationale de la Francophonie :
- Mme Fatima Houda-Pepin, députée à l'Assemblée nationale du Québec, Canada (Québec/APF) ;
- M. Bernard Dussaut, sénateur de la Gironde (France/APF) ;
- M. Mamadou Ndiaye, député à l'Assemblée nationale (Sénégal/APF) ;
- Me Jacques Bourgaux, avocat, président de l'action juridique internationale, (Communauté
française Wallonie-Bruxelles) (Belgique) ;
- M. Jean Jacques Versière, ancien chef de mission (France) ;
- M. Jacque Drouin, adjoint au directeur général des élections du Québec (Canada).
L'Agence de la Francophonie dans le cadre de la consolidation de la démocratie au Bénin a
contribué financièrement à l'organisation de cette consultation électorale.
La coordination de la mission francophone internationale est assurée par M.
Philippe Péjo, conseiller à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
(Secrétariat général) avec le concours de M. Pasteur Nzinahora, directeur du
Bureau de l'Agence de la Francophonie pour l'Afrique de l'Ouest (BRAO) et le
soutien technique de M. Yao Danklou (gestionnaire du BRAO).
style='font-size:9.0pt;font-family:Optima-Regular;color:#010101'>Appelée à
rester plusieurs jours au Bénin, la mission rencontrera notamment des
représentants des partis politiques ainsi que les institutions, les organes
d'information et les organisations (société civile, ONG) concernés par le
processus électoral. À l'issue des élections, des conclusions provisoires
seront rendues publiques et un rapport sera remis au Secrétaire général de la
Francophonie et au Secrétaire général de l'Assemblée parlementaire de la
Francophonie.
style='font-size:9.0pt;font-family:Optima-Regular;color:#010101'>En marge de
cette mission, dans le cadre des échanges d'expériences sud-sud encouragés par
l'Agence de la Francophonie, deux experts centrafricains, M. Bibesco Bouembo,
président de la Haute autorité de la communication etM. Philémon Derant Lakoue,
chargé de mission au ministère de la communication, suivent l'organisation
technique duscrutin béninois dans la perspective du prochain scrutin
présidentiel centrafricain prévu à l'automne prochain.
Cotonou, Hôtel Bénin Sheraton, le 26 mars 1999
VI. OBSERVATION AVANT LE JOUR DU SCRUTIN DU 30 MARS 1999
Durant les cinq premiers jours (du 25 au 29 mars 1999), les observateurs de la Francophonie ont
multiplié les contacts et les entretiens avec les autorités béninoises pour
recueillir le maximum d'informations et d'opinions en rapport avec les élections
du 30 mars.
1. Séance d'information de la CENA
C'est ainsi que les membres de la mission ont participé, dans la matinée du 26 mars, à une
séance d'information, coprésidée par le président de la CENA, M. Saïdou Agbantou
et le représentant- résident du PNUD, M. Alfred Fawundu. Des explications ont
été données quant au rôle de la CENA et du PNUD par rapport aux observateurs
étrangers. Des documents et des « laissez-passer » leur ont été remis afin de
leur faciliter l'accès aux bureaux de vote. Le dossier d'information de la CENA
comprenait, entre autres, un recueil des textes fondamentaux (constitution,
lois et règlements), un guide de l'électeur et une carte des 24
circonscriptions électorales.
Le représentant-résident
du PNUD a précisé que les observateurs internationaux sont libres de leurs
mouvements et agissent en toute indépendance par rapport à la CENA et au
gouvernement béninois.
2. Rencontre au ministère de l'Intérieur
Au bureau du Ministre de l'Intérieur - lui-même candidat aux élections du 30 mars - la
mission a été reçue par son directeur de cabinet, le 26 mars à 13 heures. Les
échanges ont porté sur trois éléments : a) la sécurité, b) le climat général de
la campagne électorale et c) le rôle du Secrétariat administratif permanent
(SAP).
a) Pour ce qui est de la sécurité, une cellule de coordination unifiée a été créée regroupant
des éléments de la police, de la gendarmerie, de l'armée et du ministère de
l'Intérieur, avec des répondants dans chaque département, et une permanence au
ministère de l'Intérieur à Cotonou;
b) Quant au climat général des élections, les autorités du ministère de l'Intérieur
estiment que tout se déroule dans le calme, mais s'attendent à ce que certaines
zones soient plus « chaudes » notamment Porto-Novo dans le département du Oueme
au sud et Parakou dans le département de Borgou au nord;
c) Quant au Secrétariat administratif permanent, le ministère de l'Intérieur est très
favorable à cette nouvelle structure créée à peine depuis 3 mois pour assurer
une « permanence » entre les élections.
Le SAP est composé de 6 cadres nommés par le chef de l'État après avis de l'Assemblée
nationale. Cette nouvelle structure - qui est loin de faire consensus -
viendrait compléter le mandat de la CENA qui n'est que temporaire. On nous a signalé
que par le passé, des listes électorales et du matériel avaient disparu alors
qu'ils étaient sous la responsabilité de la CENA. Par ailleurs, les urnes dans
les campagnes sont gardées en dépôt chez les chefs de villages, ce qui n'est
pas nécessairement une solution idéale. La CENA n'est pas favorable à la
création de ce secrétariat.
3. Rencontre du Président de la mission, Me Salek et du
représentant Président du PNUD, M. Fawundou
Au cours de cet entretien, le représentant résident du PNUD a informé Me Salek Ould Abdel
Jelil, que :
- Le Bénin est à sa troisième expérience de consultations populaires et que la population et les
institutions impliquées commencent à maîtriser les règles du jeu démocratique;
- La campagne électorale s'est déroulée sans incidents majeurs, excepté un petit incident
dans le nord du pays;
- Les forces de sécurité contrôlent bien la situation ;
- La Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) a envoyé ses
représentants à l'intérieur du pays pour s'assurer que les radios locales
respectent bien la loi en ce qui a trait à la publicité électorale ;
- Le PNUD, à la demande du gouvernement béninois assure une coordination souple des missions
d'observation étrangères.
Lors de cette rencontre, il n'a pas été possible d'avoir des informations complètes sur le
financement des élections. Selon le représentant-résident du PNUD, ces données
pourraient être disponibles une fois que le décaissement des contributions des
partenaires a été effectué.
4. Rencontre avec le Président et le personnel de la HAAC
La HAAC est une institution majeure dans le contrôle du processus électoral au Bénin. C'est une
instance constitutionnelle qui a pour rôle de surveiller le temps d'antenne de
tous les intervenants politiques sur les réseaux de communication. Chaque liste
de candidats a droit à 15 minutes de temps d'antenne à deux reprises durant la
campagne (soit 30 minutes en tout). L'ordre et le moment de diffusion sont
déterminés par tirage au sort.
La HAAC a pour mission de :
- garantir et d'assurer la liberté et la protection de la presse ainsi que de tous les moyens
de communication de masse dans le respect de la loi ;
- veiller au respect de la déontologie en matière d'information et à l'accès équitable des
partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels
d'information et de communication;
- garantir l'utilisation équitable et appropriée des organismes publics de presse et de
communication audiovisuelle par les Institutions de la République, chacune en
fonction de ses missions constitutionnelles et d'assurer, le cas échéant, les arbitrages
nécessaires.
La HAAC a rendu deux décisions majeures en rapport avec des infractions à la loi électorale :
a) Une mise en demeure adressée à la radio communautaire, « La voix de la Lama » lui
interdisant de diffuser des émissions politiques. En effet, en vertu de la loi,
les radios rurales ne peuvent s'engager dans la campagne électorale.
b) Une ordonnance de cesser de publier un sondage dans un journal compte tenu du peu
de fiabilité que l'on pouvait y accorder.
Des correspondants de la HAAC sont déployés dans les différents départements et
alimentent le Secrétariat permanent à Cotonou. Les messages, y compris ceux des
chansons, sont analysés et contrôlés. La propagande régionaliste est interdite.
La HAAC dispose d'une liste complète des radios, télévisions et journaux du Bénin. Elle est
également en mesure de faire le lien entre les propriétaires des organes de
presse et les partis politiques existant dans le pays.
5. Rencontre avec le Président de la Chambre des comptes de la
Cour suprême
La Chambre des comptes de la Cour suprême est chargée de contrôler le financement des partis
politiques et les dépenses des campagnes électorales. Elle a exercé ce pouvoir
à deux reprises déjà, lors des législatives de 1995 et des élections
présidentielles de 1996. Elle rend publiques les données relatives au
financement de la campagne électorale dans le mois qui suit leur réception.
Elle a publié en février 1999 un « Manuel à l'usage des responsables aux
finances des partis politiques ».
Forte de ses expériences antérieures et constatant les défaillances du système de financement
des partis politiques, la Chambre des comptes de la Cour suprême a soumis à
l'Assemblée nationale, en juillet 1998, une série de propositions afin de
modifier et de bonifier les lois 90-023, 94-013, 94-015 et 95-015 sur les
partis politiques. Certaines dispositions pourtant très pertinentes n'ont pas
été retenues par les législateurs.
La Chambre des comptes s'avère donc impuissante à exercer un contrôle rigoureux et transparent
parce que la loi n'est pas suffisamment contraignante, ce qui fait dire à
certains observateurs que les dépenses électorales s'apparentent à des «
montages financiers ».
6. Rencontre avec Mme Linda Trudel, directrice de projet à l'IFES
La Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) a contribué à développer des
outils et des manuels destinés à la formation du personnel électoral.
L'IFES a ainsi formé 200 formateurs qui devaient à leur tour former 20 000 agents de bureaux
de vote en prévision des élections du 30 mars.
Au moment où nous nous sommes entretenus avec la représentante de l'IFES, le 26 mars, la
nomination des membres des bureaux de vote n'était pas encore complétée, ce qui
constituait un élément d'inquiétude quant à la possibilité de former
adéquatement des milliers d'agents en si peu de temps.
La confection de la liste électorale semble aussi poser quelques problèmes en ce qui a trait à
sa fiabilité. Environ 2,7 millions d'électeurs se sont inscrits en 1999,
chiffre sensiblement identique à celui de 1996. Selon diverses sources concordantes,
il manquerait apparemment quelque 300 000 personnes qui auraient la qualité
d'électeur mais dont les noms ne figurent pas sur la liste.
Un des problèmes majeurs qui nous a été exposé par différents intervenants touche
l'identification des électeurs. En effet, la grande majorité des inscrits sur
la liste électorale n'ont pas de carte d'identité tel que stipulé par la loi.
Pour y remédier, les chefs de village émettent des jugements supplétifs
attestant de l'identité des citoyens. La CENA est très consciente de ce
problème et à l'intention de proposer au gouvernement d'établir un registre
d'état civil et accélérer ainsi l'émission des cartes d'identité.
7. Visites au siège de la CENA et des Commissions électorales locales (CEL)
Des membres de la mission se sont rendus aux locaux de la CENA pour observer le chargement et
la distribution du matériel électoral. C'est ainsi que M. Jacque Drouin, directeur adjoint des Élections du
Québec a assisté au chargement des bulletins de vote dans les 4 × 4. Il a pu
constater qu'au moins 100 000 bulletins de vote destinés aux bureaux de vote en
périphérie de Cotonou et en régions éloignées, étaient déposés en bas d'un
escalier avec un minimum de surveillance.
Par ailleurs, des visites sporadiques ont été effectuées aux sièges de certaines Commissions
électorales locales (CEL) à la veille du jour de scrutin pour se rendre compte
sur place de leur niveau de préparation.
À Porto-Novo et à Cotonou, les CEL visitées affichaient les listes de candidats sur les murs et
semblaient prêtes pour le jour J. Les listes électorales étaient bien écrites à
la main. Les noms des électeurs y apparaissaient par ordre d'inscription. Ainsi,
le nom du premier électeur à s'être inscrit figure en tête de liste. On peut
aussi voir, à l'aide d'un "×" dans la colonne correspondante, si l'électeur s'est inscrit en
présentant une carte d'identité ou un jugement supplétif.
8. Rencontres avec les partis politiques
Les membres de la mission n'ont pas pu rencontrer les représentants de tous les partis
politiques en présence à cause du court échéancier. Cependant, les principaux
partis ont été rencontrés, notamment la Renaissance du Bénin (RB), le Parti social
démocrate (PSD), le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès
(MADEP), le Parti du renouveau démocratique (PRD), Ensemble (liste nationale),
le Parti du salut (PS) et l'Alliance pour le progrès (APP).
Tous les représentants rencontrés s'entendent pour dire que la campagne électorale se
passe dans le calme, la transparence et le respect de la diversité d'opinion.
Les commentaires que nous avons recueillis ne laissaient présager aucune confrontation majeure.
Au contraire, chaque formation politique défendait ses messages avec les moyens
et les méthodes qui lui étaient propres :
Ceux qui ont des députés-candidats misent sur leurs bilans, les autres mettent en avant des
promesses allant de la réforme de l'éducation à la mécanisation de
l'agriculture en passant par l'emploi, la valorisation des jeunes et
l'amélioration de la condition féminine.
Les femmes ne sont pas nombreuses sur les listes de candidats. Certains partis en sont
conscients et disent vouloir attirer des candidatures féminines. Tous réalisent
cependant l'importance du vote des femmes et des jeunes, deux groupes-cible explicitement
visés par la publicité électorale. Un seul chef de parti s'est ouvertement
exprimé contre l'équité envers les femmes en politique la qualifiant de «
démagogie électoraliste ».
L'un des problèmes qui revenait souvent lors de ces rencontres touchait le financement
de la campagne électorale. Les représentants des partis parlent ouvertement de
« l'achat de conscience » des électeurs. Les attentes sont grandes à l'égard des
élus et il semblerait que cela soit dans l'ordre des choses de « payer la bière
» pour inciter les électeurs à voter du bon bord . Un des dirigeants d'un parti
politique béninois a qualifié cet état des choses de « grand malheur de mon
pays ». Toute la classe politique et les institutions concernées sont
conscientes de ce problème et souhaitent un assainissement rapide de la
situation.
Par ailleurs les membres de la mission francophone ont également observé la campagne électorale
à travers les manifestations publiques qui se sont déroulées à Cotonou et
constaté que les militants des différents partis politiques exprimaient leurs
appuis dans la joie, l'ordre et le respect de leurs adversaires. Dans la
plupart des cas, ces manifestations avaient l'allure de fêtes ponctuées de
chants et de musique.
VII. L'OBSERVATION LE 30 MARS 1999 JOUR DU SCRUTIN
1. Déploiement de la mission francophone
Les 9 membres de la mission de la Francophonie se sont déployés dans huit (8) circonscriptions
réparties sur douze (12) communes. Chaque équipe a visité en moyenne une
quarantaine de bureaux de vote. Parmi les communes couvertes, on peut citer : Ouidah
et Tori-Bossito (5ème circonscription), So-Ava (6ème circonscription), Nikki, Bembéréké, Sinendé,
Parakou, Tchaourou et N'Dali (7e et 8e circonscriptions), Cotonou (15e
et 16e circonscriptions), Porto-Novo et Pobé (19e et 22e arrondissements).
Le soir du 30 mars, les membres de la délégation se sont réunis à Cotonou pour partager leurs
observations et préparer la conférence de presse du lendemain. Le président de
la mission, Me Salek Ould Abdel Jelil, s'est rendu à la CENA pour faire part
aux médias nationaux de ses commentaires.
2. Organisation matérielle du scrutin
2.1.Organisation et fonctionnement des bureaux de vote
Localisation des bureaux de vote
En milieu urbain, les bureaux de vote ont été installés principalement dans les écoles et
les centres communautaires. En milieu rural, les bureaux de vote s'organisaient
sous les arbres ou à des endroits facilement identifiables pour la population locale.
Certains bureaux de vote ont été regroupés dans le même lieu. Dans certains
cas, la signalisation des bureaux de vote était déficiente et leur localisation
confuse. Ainsi par exemple, deux bureaux de vote à Badekparou Gorobaiu ont démarré
seulement à 9 h 35 à cause d'une incompréhension entre les électeurs et les
membres des deux bureaux de vote (1 et 2). Les premiers pensaient que le vote
allait avoir lieu à la place publique alors que les seconds les attendaient à
l'école du village. Il a fallu l'intervention d'un membre de la CEL pour transférer
les bureaux de vote de l'école à la place publique, le vote a alors démarré
avec plus de 2 heures et demi de retard.
Heures d'ouverture et de clôture du scrutin
Le vote devait s'exercer de 7 heures à 17 heures et durer 10 heures. Dans la plupart des
bureaux de vote, on a noté des retards significatifs allant jusqu'à 3 heures
avant l'ouverture officielle du scrutin. Ces retards sont dus essentiellement à
l'approvisionnement tardif en matériel électoral. À l'arrivée des observateurs
sur les lieux à 7 heures, ils ont constaté que les agents électoraux étaient
aux prises avec des problèmes logistiques et techniques qu'ils essayaient de
régler au mieux possible. À 17 heures, au moment de la clôture du scrutin,
certains bureaux ont prolongé la période de vote pour permettre aux électeurs
de récupérer le temps perdu le matin. Dans d'autres bureaux, la clôture s'est
faite à 17 heures même si le vote a commencé avec 1 à 2 heures de retard. La
loi et les règlements n'étaient donc pas appliqués de la même manière dans tous
les bureaux de vote.
Matériel électoral
L'une des défaillances qui a été notée par plusieurs observateurs touchait précisément le
matériel électoral. Outre le fait que sa livraison ait souffert d'un retard
important, dans plusieurs bureaux de vote le matériel était incomplet : y
manquaient notamment l'encre rouge pour les encreurs, le tampon de vote, des
bulletins de vote en quantité suffisante, des isoloirs, des formulaires de
procès-verbal, des listes électorales et des lampes dans les communes sans électricité,
etc... Dans certains bureaux de vote, les isoloirs n'étaient pas au bon endroit.
Dans « les bureaux » en plein air, les isoloirs n'étaient pas très
fonctionnels, par exemple, la tablette support du cachet et de l'encreur
tombait tout le temps. Quant à l'éclairage, plusieurs bureaux de vote n'avaient
pas reçu les lampes à gaz.
Quand les bureaux de vote étaient équipés adéquatement, le matériel électoral comprenait entre
autres :
- une urne en plastique transparent munie de trois cadenas métalliques ;
- un ou deux isoloirs ;
- une liste électorale manuscrite ;
- un lot de bulletins de vote ;
- un flacon d'encre indélébile bleue ;
- un encreur rouge avec tampon pour voter ;
- un tampon de la CENA ;
- une lampe ;
- des formulaires de procès-verbal des opérations du vote.
2.2. Le bulletin de vote
Pour la première fois, lors des élections législatives du 30 mars 1999, le Bénin a expérimenté
le bulletin unique. Plusieurs observateurs se demandaient si le passage du
bulletin de vote multiple au bulletin unique allait poser des problèmes, mais
les électeurs, ont bien réagi à ce nouvel outil. La CENA a publié un guide à
l'intention des électeurs financé par l'Agence de la Francophonie qui explique
clairement la façon de voter avec ce nouveau bulletin. Par ailleurs, ce bulletin
en couleur était affiché dans la plupart des lieux publics et publié dans les
journaux. Un film documentaire, financé également par l'Agence a été réalisé
aux fins de la sensibilisation des électeurs.
Les 35 partis ou alliances de partis figuraient sur le bulletin avec leurs sigles, leurs noms et
leurs emblèmes. Le seul problème constaté lors du dépouillement de vote, touche
l'emblème de couleur rouge. Comme le cachet de vote était imbibé d'encre rouge,
il était difficile d'identifier clairement la volonté exprimée par l'électeur
quand il estampillait la case où la couleur rouge était prédominante.
2.3. Les membres de bureaux de vote
La nomination des membres devant agir dans les bureaux de vote ne s'est faite que tardivement.
En effet, alors qu'ils auraient dû être désignés par la CENA avant le début de
la campagne électorale (15 jours francs avant la date du scrutin), ces
nominations n'ont eu lieu que deux ou trois jours avant. La formation du
personnel électoral n'a pas pu se réaliser dans des conditions idéales.
Chaque bureau de vote était composé de 3 personnes :
- Le président, responsable de la gestion et de l'organisation matérielle du bureau de vote. Il
vérifie le matériel électoral en présence des autres membres de son équipe et
des représentants des partis politiques;
- Le secrétaire qui vérifie l'identité de l'électeur, biffe son nom sur la liste électorale une
fois qu'il a exercé son droit de vote et appose le cachet « A voté » sur la
carte d'électeur;
- L'assesseur qui garde l'urne et l'encre indélébile dans laquelle l'électeur trempe son
pouce pour apposer son empreinte digitale en face de son nom sur la liste
électorale.
Le personnel des bureaux de vote travaillait en équipe et tentait de résoudre les problèmes
techniques avec un sens aigu de la responsabilité. Dans les bureaux où il
manquait des isoloirs, le personnel s'est organisé pour aménager des espaces en
empilant parfois des tables ou des chaises. Là où les encreurs n'étaient pas
imbibés, on a utilisé l'encre indélébile. Bref, on a tenté de bien faire pour
pallier les carences matérielles du système.
2.4. Les représentants des candidats
Les partis politiques étaient adéquatement représentés dans les bureaux de vote. Leurs
délégués étaient dûment mandatés par des autorisations écrites. Ils ont voté
dans les bureaux où ils étaient accrédités à l'ouverture du scrutin. Partout où
nous sommes passés, nous avons constaté une grande harmonie parmi les
représentants des partis qui suivaient le déroulement du vote avec une grande
vigilance. Ils étaient pour la plupart des jeunes dont une proportion
significative de jeunes filles.
2.5. Les forces de sécurité publique
Les services de sécurité étaient très discrets et se tenaient loin des bureaux de vote. Une équipe
de la Francophonie a visité un bureau de vote à Porto-Novo où les électeurs
étaient essentiellement des militaires, ils ont exercé leur devoir de citoyens
dans le calme. Des voitures de police faisaient la patrouille dans certaines
zones mais n'ont pas eu à intervenir. Aucune plainte n'a été portée et les
forces de l'ordre n'ont pas eu à intervenir.
3. Déroulement du scrutin
3.1. Les électeurs
Les électeurs se sont présentés en grand nombre dès 6 heures du matin devant les bureaux de
vote. À 7 heures, de longues files d'attente étaient alignées dans le calme.
Nous avons été frappés par le taux de participation des femmes, elles étaient
nombreuses et patientaient de longues heures, parfois avec leurs bébés sur le
dos sous un soleil de plomb. Les jeunes aussi ont participé activement au vote.
Dans certains bureaux de vote, on a réservé une ligne aux personnes âgées, aux femmes
enceintes et aux handicapés qui votaient en priorité avant les autres. Malgré
les longues heures d'attente avant le démarrage du scrutin, les électeurs ont
fait preuve d'une grande compréhension et d'une patience exemplaire. Dans l'ensemble,
le scrutin s'est donc déroulé sans incident sauf dans un cas, celui de Kossou
dans l'arrondissement de Bembéréké, une localité de 818 électeurs pour un seul
bureau de vote. Las d'attendre pendant de longues heures sous une chaleur
accablante, certains électeurs ont quitté les rangs et sont rentrés chez eux
sans avoir voté. Il semblerait que cette localité avait deux bureaux de vote
lors des élections précédentes.
À Pobé, lors de la visite de la CEL qui dessert cinq communes, nous avons été informés que le
poste d'Ossomou n'a pas pu être rattaché à Okoffin tel que proposé par la CENA
à cause de l'éloignement (3 km de distance à parcourir pour les électeurs).
Aussi la CEL de Pobé a décidé de le rattacher à Illoussa II à 500 m. Par
ailleurs, les postes de Talala I (451 électeurs) et Talala II (335 électeurs)
ont été omis par la CENA. La CEL de Pobé les a rattachés au poste de Adjegounde
III (573 électeurs) à cause de leur proximité. Cette solution a engendré un
autre problème, celui de la capacité de l'urne destinée à contenir 500
bulletins de vote, alors qu'au total le nombre des électeurs était de 1359. Or,
le bureau de vote en question n'a pas pu obtenir une deuxième urne. Il fallait
enfoncer les bulletins de vote déposés dans l'urne à l'aide d'un bâton pour
contenir le maximum de bulletins.
3.2. Les conditions de déroulement de vote
Le vote s'est déroulé conformément aux dispositions de la loi portant règles générales pour
les élections en République du Bénin. La séquence du vote se déroulait comme
suit :
a) L'électeur s'identifie auprès du secrétaire du bureau de vote qui vérifie s'il n'a pas de
trace d'encre indélébile sur le pouce ;
b) L'électeur présente sa carte d'électeur au secrétaire qui la confronte à la liste
électorale. Il biffe son nom et conserve la carte d'électeur ;
c) L'électeur prend un bulletin de vote se dirige vers l'isoloir. À l'aide d'un cachet en
forme de V, il marque la case du parti de son choix et plie son bulletin ;
d) L'électeur se dirige vers l'assesseur et place son bulletin plié dans l'urne. Il trempe son
pouce dans la bouteille d'encre indélébile et retourne à la table du secrétaire
pour apposer son empreinte digitale sur la liste électorale, en face de son
nom;
e) Le secrétaire appose le crochet « A voté », sur la carte d'électeur ;
f) L'électeur reprend sa carte et quitte le bureau de vote.
Dans certains bureaux de vote, on a constaté que l'assesseur n'était pas à son poste, l'urne
était sans surveillance et placée horsdela vue du personnel électoral. À
défaut d'avoir des encreurs imbibés, on a eu recours à l'encre indélébile.
Dans certains bureaux, le cachet du vote n'était pas livré, on a utilisé le tampon de la CENA
à la place et parfois les électeurs ont utilisé leur pouce pour marquer leur
choix sur le bulletin de vote. Ailleurs, on a carrément laissé tomber le cachet
pour voter avec le pouce. C'est le cas dans le bureau de vote no 3 de Wabakarou
dans l'arrondissement de Ndali où les électeurs, les membres de bureau de vote
et les représentants des partis ont, d'un commun accord, décidé de ne pas
recourir au cachet et de voter en trempant le pouce dans l'encre indélébile
qu'ils apposent sur le bulletin de vote.
À la clôture du scrutin, les documents électoraux ont été remplis (procès verbaux) et signés en
présence des représentants des partis politiques, les bureaux de vote se
transformant en bureaux de dépouillement.
3.3. La libre expression du suffrage
Partout où s'est déployée la mission francophone, on a constaté que les électeurs se sont
présentés en grand nombre et avec enthousiasme aux bureaux de vote. Dans
l'ensemble, le vote s'est exercé dans l'ordre, le respect et la transparence et
ce malgré les retards et les lacunes dus à l'acheminement du matériel
électoral.
Les observateurs de la Francophonie ont été bien accueillis par le personnel électoral et les
électeurs qui les saluaient au passage. Grâce à la collaboration des présidents
des bureaux de vote, ils ont eu accès à toutes les informations relatives au déroulement
du scrutin et ont pu ainsi s'acquitter de leur tâche avec enthousiasme.
4. Dépouillement du scrutin
4.1. Les centres de dépouillement
À l'issue du scrutin, les bureaux de vote se sont transformés en centres de dépouillement.
Le même personnel électoral a présidé aux opérations de comptage des votes en
présence des représentants des partis politiques, des observateurs et de la population;
les jeunes surtout ont été nombreux à assister à cette opération. Comme pour le
démarrage du vote, le dépouillement a connu des lenteurs interminables dues au
manque de formation des membres des bureaux de vote. Chaque détail devenait un
objet de négociation entre le personnel électoral et les représentants des
partis. On s'interrogeait sur la façon de disposer les bulletins de vote une
fois l'urne ouverte, sur le traitement des bulletins annulés, etc... mais on parvenait
toujours à trouver une solution consensuelle. Une calculatrice aurait pu faciliter
la récapitulation des résultats, d'autant plus que la craie pour les inscrire
au tableau manquait dans plusieurs bureaux de vote.
4.2. Le déroulement du dépouillement
Les équipes de la Francophonie ont participé aux opérations de dépouillement dans plusieurs
bureaux de vote. Ils ont pu constater qu'il s'agissait d'un processus
fastidieux et lent, démarré à des heures différentes selon les bureaux de vote.
Les instructions n'étaient pas comprises et exécutées de la même façon, le
manque de formation du personnel électoral était évident. On s'organisait comme
on pouvait pour faire les choses correctement, toujours avec l'accord des
représentants des partis. Les critères de rejet de certains bulletins de vote
n'étaient pas très clairs, on ne tenait pas compte de l'intention de l'électeur
quand le cachet n'était pas entièrement visible, et on considérait
automatiquement ces bulletins nuls.
Malgré les défaillances et les difficultés logistiques et techniques, les observateurs de
la Francophonie considèrent que le scrutin s'est effectué dans la transparence,
la sincérité et la régularité. Ils n'ont reçu aucune plainte des représentants
des partis politiques ni des électeurs, sauf dans un cas pour lequel après
vérification, tout était conforme.
Les observateurs de la Francophonie tiennent à saluer le peuple béninois qui s'est comporté de
façon exemplaire et qui a exercé son droit de vote dans l'ordre et le respect.
VIII. OBSERVATION APRÈS LE SCRUTIN DU 30 MARS
1. Rencontre avec les observateurs du Gerddes-Afrique
Le 31 mars, les membres de la délégation francophone ont eu une rencontre avec les
représentants du Gerddes-Afrique. Leurs observateurs confirment les constats
faits par la mission de la Francophonie quant à la transparence du processus démocratique
lors des élections législatives au Bénin.
2. Rencontre avec les médias nationaux
Dans la soirée du 31 mars, la mission de la Francophonie a tenu une conférence de presse à
Cotonou en présence d'une vingtaine de journalistes et des membres du corps diplomatique,
Me Salek Ould Aldel Jelil et Mme Fatima Houda-Pepin ont été mandatés pour faire part aux médias
béninois de leurs commentaires.
COMMUNIQUE DE PRESSE : PREMIERES CONCLUSIONS DE LA MISSION FRANCOPHONE INTERNATIONALE
D'OBSERVATION DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 MARS 1999
A l'invitation du Gouvernement de la République du Bénin, adressée à S.E. M. Boutros
Boutros-Ghali, secrétaire général de la Francophonie, une mission francophone
internationale d'observation est arrivée à Cotonou le 25 mars 1999, dans le cadre
des élections législatives béninoises.
Conduite par Me Salek Ould Abdel Jelil, premier vice-président du Sénat de Mauritanie, et
composée de parlementaires et d'experts désignés par l'Assemblée parlementaire
de la Francophonie (APF) et l'Organisation internationale de la Francophonie,
cette mission s'est déployée sur le territoire béninois afin d'observer le
scrutin législatif du 30 mars selon la répartition suivante :
Communes de Ouidah et Tori-Bossito (5e circonscription) :
- M. Jean Jacques Versière, ancien chef de mission (France)
- M. Philippe Péjo, conseiller à la Commission des affaires parlementaires (coordination/APF)
Commune de So-Ava (6e circonscription) :
- M. Bernard Dussaut, sénateur de la Gironde (France/APF)
Communes de Nikki,
Bembéréké, Sinendé, Parakou, Tchaourou et N'Dali (7e et 8e circonscriptions):
- M. Mamadou Nkiaye, député, Assemblée nationale (Sénégal/APF)
- Commune de Cotonou (15e et 16e circonscriptions) :
- Me Salek Ould Abdel Jelil, premier vice-président du Sénat (Mauritanie)
- Me Jacques Bourgaux, avocat, président de l'action juridique internationale, (Communauté
française Wallonie-Bruxelles) (Belgique) ;
- M. Jacque Drouin, adjoint au Directeur général des élections (Canada-Québec)
Communes de
Porto-Novo et Pobé (19e et 22e circonscriptions):
- Mme Fatima Houda-Pepin, députée, Assemblée nationale du Québec, Canada (Québec/APF) ;
- M. Pasteur Nzinahora, directeur du Bureau pour l'Afrique de l'Ouest (coordination/Agence
de la Francophonie).
De l'observation réalisée par la mission francophone internationale, il ressort que :
- Le scrutin législatif s'est tenu dans le respect des échéances électorales telles que
prévues par les textes ;
- La campagne électorale s'est déroulée dans un climat calme et dépassionné, les acteurs
politiques ayant, malgré leur grand nombre, tenu des messages de paix et de
tolérance;
- Un consensus s'est dégagé dans la classe politique béninoise afin de louer le rôle de
l'institution chargée de l'organisation des opérations électorales - la
Commission électorale nationale autonome (CENA) - qui s'est efforcée d'assurer
au mieux sa mission. Il en a été de même pour la Cour constitutionnelle, la
Cour suprême et la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication
(HAAC) ;
- Les électeurs et les électrices du Bénin se sont présentés en grand nombre pour voter. Le
vote s'est exercé sans frustration, dans la quiétude et le respect, ce qui
témoigne du sens civique aigu de la population béninoise. Ce constat est
d'autant plus remarquable que les électeurs et électrices du Bénin ont su
s'adapter à la formule du bulletin unique en très peu de temps ;
- Le dépouillement s'est effectué dans le calme sous le contrôle effectif de la
population et notamment des jeunes.
En dépit de ces constats positifs partagés par l'ensemble de la mission (composée de parlementaires et
d'experts représentants, tant le sud que le nord de la Francophonie), il y a lieu de relever que :
- Les opérations de vote ont été dans les secteurs observés, souvent retardées pour des raisons
d'intendance : acheminement tardif du matériel, nombre insuffisant de
bulletins, listes électorales non disponibles dans les bureaux de vote à 7
heures, etc. Ces retards allant de quelques dizaines de minutes à plusieurs
heures, notamment à Cotonou et à Porto-Novo ;
- Le bulletin unique, bien qu'unanimement apprécié, s'est révélé au moment du dépouillement,
d'un usage plus difficile pour le comptage des votes exprimés par les
électeurs, la marque du cachet en forme de V étant parfois peu lisible en
raison des couleurs des sigles et dessins utilisés par certains partis ou
alliances ;
- Quelques difficultés ont été constatées dans l'indication des bureaux de vote et dans
l'absence d'une méthode uniforme de présentation et de comptabilisation des
suffrages exprimés au niveau des bureaux de dépouillement.
En conclusion générale, la mission francophone internationale d'observation estime que si
certains aspects organisationnels demeurent perfectibles, les élections
législatives du 30 mars 1999 au Bénin ont été démocratiques, transparentes,
sincères et régulières.
Elle tient à remercier les autorités et la population de la République du Bénin pour
l'accueil cordial qui lui a été réservé.
Cotonou, Hôtel Bénin Sheraton, le 31 mars 1999
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
CONCLUSIONS
Au terme de son observation des élections législatives au Bénin, la mission de la Francophonie
fait les constats suivants :
1. Le peuple béninois s'est comporté de façon exemplaire : le taux de participation était
très élevé et les électeurs ont voté dans le calme et la discipline en dépit de
quelques dysfonctionnements du système ;
2. Le Bénin a réussi à se doter d'institutions démocratiques solides qui sont autant de
leviers pour asseoir et consolider la culture de la démocratie, notamment la
CENA, la Cour constitutionnelle et la HAAC. Ces institutions méritent d'être appuyées
par l'OIF ;
3. Les observateurs de la Francophonie ont été accueillis chaleureusement dans tous
les bureaux de vote où ils se sont présentés de même que lors des rencontres
avec les autorités béninoises et les représentants des différents partis
politiques.
RECOMMANDATIONS
• Les lois et les textes fondamentaux n'auraient qu'une valeur théorique, s'ils ne sont pas
appliqués adéquatement. Aussi est-il nécessaire de corriger les défaillances
techniques et matérielles observées dans les bureaux de vote lors des élections
du 30 mars 1999 ;
• Il faut également compléter et parfaire la formation des agents électoraux afin qu'ils
remplissent leurs tâches avec efficacité et diligence ;
• La mise sur pied d'un registre d'état civil est une condition indispensable pour
l'établissement de la carte d'électeur. Il s'agit là d'un projet de grande
envergure auquel pouvaient contribuer des bailleurs de fonds étrangers,
notamment la Francophonie.
NB : Le rapporteur tient à remercier tous les membres de la délégation et plus
particulièrement M. Jean Jacques Versière qui a colligé l'information sur le
financement des élections.
Une reconnaissance toute spéciale à Madame Johanne Martel de la Direction des
relations interparlementaires de l'Assemblée nationale du Québec qui a saisi ce
manuscrit sur traitement de texte.